Zhou Mengdie

Zhou Mengdie (周夢蝶 aussi transcrit par Chou Meng-tieh, 1921-2014) appartient à cette génération de Chinois coupés du continent par les aléas de l’histoire, devenus poètes « modernistes ». Cherchant à s’ancrer dans l’ancienne pensée chinoise comme le montre le choix de son pseudonyme Mengdie (« rêve et papillon ») en référence au grand penseur taoïste Zhuangzi (莊子), il crée un univers dense, où images et motifs s’entremêlent avec cohérence. Sa poésie figure les traits d’un homme en marche au regard tourné vers l’intérieur de lui-même, qui cherche à surmonter la solitude affective en cherchant la voie de la sagesse.

Né en 1921 dans la province du Henan, en Chine, Zhou Mengdie, de son vrai nom Zhou Qishu (周起述, Chou Chi-shu), a marqué par son importante production poétique, mais aussi par son parcours personnel qui l’amena de la vie d’un soldat de l’armée Kuomintang à celle d’un ascète. Arrivé à Taiwan en 1948 avec les armées nationalistes au moment de la guerre civile, il se retrouva séparé de sa femme et de ses trois enfants, restés sur le continent.

《詩人》, portrait de Zhou Mengdie par Hsi Te-chin

En 1952, trois ans avant de quitter les rangs de l’armée, il publiait ses premiers poèmes dans les colonnes du Central Daily News. Il devint membre de la Société de poésie de l’étoile bleue qui rassemblait poètes et écrivains. En 1959, il installait un petit étal – une étagère de recueils de poésie – dans la rue Wuchang, à Taipei, devant le café Astoria, alors un rendez-vous de l’élite intellectuelle et artistique. C’est là que le personnage fut remarqué par exemple par le peintre Hsi Te-chin (席德進, 1923-1981) qui, en 1972, fit de lui un portrait à l’huile resté parmi ses œuvres les plus connues. On y voit un Zhou Mengdie comme absent au monde, drapé dans un grand manteau bleu, les yeux mi-clos.

Profondément inspiré par les écrits bouddhiques, Zhou Mengdie menait une vie de retenue et de dénuement marquée par la méditation. Il a publié plus de 400 poèmes, son premier recueil, Gu Du Guo (孤獨國, Pays de la solitude), étant généralement considéré comme son ouvrage le plus important. Il fut le premier lauréat du prix de la Fondation nationale de la culture et des arts, en 1997. Un documentaire, The Coming of Tulku, lui a été consacré en 2011 par les éditions Fisfisa Media, la branche audiovisuelle de la maison d’édition taiwanaise Flâneur.

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