Taïwan : quand la gastronomie rencontre la littérature

Dans le cadre de la Semaine des cultures étrangères 2014, dont le thème est cette année « Saveurs – Couleurs », le Centre culturel de Taïwan à Paris organise jusqu’au 1er octobre une série d’activités autour du thème Taïwan, jardin des saveurs. A cette occasion, la Librairie Le Phénix et le Centre Culturel de Taïwan à Paris invitent à participer à deux conférences sur la littérature et la gastronomie qui auront lieu à la librairie :

riceMardi 30 septembre 2014, à 18h
Nourriture, alcool et politique dans la littérature taïwanaise
animée par Gwennaël Gaffric
Chercheur, spécialiste de la littérature taïwanaise, traducteur de deux romans de Wu Ming-yi, L’Homme aux yeux à facettes (2014, Stock) et Les Lignes de navigation du sommeil (2013, You Feng), et secrétaire de l’Association francophone d’études taïwanaises.

Mercredi 1er octobre 2014, à 18h
Kitsch, tofu et rock’n’roll : La gastronomie populaire à la sauce Taike
animée par Damien Lingot
Chercheur, spécialiste de la musique contemporaine chinoise

Présentation de la conférence « Nourriture, alcool et politique dans la littérature taïwanaise » :

9782917969083De Rabelais à Mo Yan, en passant par Atwood et Dostoïevski, le manger et le boire sont des thèmes unanimement présents dans toutes les littératures du monde, d’hier et d’aujourd’hui. A Taïwan, des chercheurs, éditeurs et écrivains parmi lesquels le poète Jiao Tong (Recettes aphrodisiaques) et l’écrivain-voyageur Shu Guo-zhi ont même participé à la consécration d’un nouveau genre littéraire, « la littérature de la nourriture et de la boisson » (yinshi wenxue), auquel beaucoup d’anthologies et d’études sont consacrées.

Mais à Taïwan, au-delà de la production littéraire dont la centralité même est l’art de la table, on peut aussi souvent remarquer que nourriture et alcool sont autant de vecteurs d’analogies politiques intimement liées aux trajectoires coloniales et sociales de l’île. Ainsi, ailerons de requin, poissons volants, racines de bégonia, crèmes glacées, vin rouge ou alcool de millet outrepassent leur simple statut alimentaire et sont servis au buffet de considérations sur le phallocentrisme de la société taïwanaise, l’évolution de la société de consommation, la globalisation des pratiques alimentaires, les rapports de l’homme à l’animal et à son environnement, la quête d’une authenticité culturelle ou encore les relations parfois charnelles entre le mangé/bu et le mangeur/buveur.

Au menu de cette intervention : une large gamme de recettes littéraires piochées chez différents auteurs (Han et aborigènes) et dans les genres divers (poèmes, nouvelles, essai, récits de science-fiction) afin de goûter aux saveurs poétiques et politiques de la littérature taïwanaise contemporaine.

Présentation de la conférence « Kitsch, tofu et rock’n’roll : La gastronomie populaire à la sauce Taike » :

Depuis les années 1990 et la vague du rock’n’roll à Taïwan, de jeunes artistes ont participé à la valorisation du terme « taike (臺客) », dont la connotation était à l’origine péjorative (équivalent de « culs-terreux »), et développé un style musical baptisé « Rock Taike ». Produit hybride issu de la fusion des sonorités traditionnelles avec des musiques urbaines venues principalement d’Angleterre et des Etats-Unis, cette tendance trans-musicale originale s’inscrit dans la culture populaire taïwanaise comme une cristallisation des éléments les plus triviaux de l’identité locale contemporaine.

En tant qu’élément incontournable de la culture populaire locale, l’alimentation ne manque pas d’inspirer l’écriture de ces artistes, et tient une place toute particulière dans leur mode de vie tant au quotidien que sur scène, allant des habitudes culinaires communes à la majorité des Taïwanais jusqu’à d’autres spécialités plus typiquement liées au style taike. Outre les boissons alcoolisées, l’emblématique noix d’arec, les crèmes glacées servies dans des coupes en forme de cuvettes de WC et les gâteaux évoquant des phallus, des plats tels que le « tofu puant » (chou doufu) ou l’omelette aux huîtres sont parfois érigés en symboles, tantôt pour vanter la gastronomie taïwanaise, tantôt pour décrire le caractère marginal et ambivalent d’aliments qui, à l’instar du fromage ou des tripoux, sont tout autant valorisés qu’ils peuvent aussi être considérés comme une marque de mauvais goût et de manque de raffinement.

Grâce à différents supports de documentation (images, vidéo, extraits musicaux), l’objectif de cette présentation sera de dresser le portrait de l’univers gastronomique taike, tel qu’il est présenté par les artistes de la scène Rock Taike, et d’établir une liste des ingrédients constitutifs de cette identité singulière.

Une réponse à “Taïwan : quand la gastronomie rencontre la littérature

  1. Pingback: [fr] Festival Jardin des Saveurs | Taiwanvore·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s