Le jardin des égarements

9782877306317

Auteur : Li Ang [李昂]

Traduction : André Lévy
Titre chinois :  《迷園》
Philippe Picquier, 2003
ISBN : 9782877306317

Présentation de l’éditeur :

Planté d’arbres somptueux, le Jardin aux Nénuphars embaumait aux quatre saisons de gardénias au printemps, d’orchidées et de magnolias en été, de canneliers et d’osmanthes en automne, de « souriantes » en hiver. En plein coeur de Taipei, le jardin de la famille de Rose est le lieu des origines, du paradis perdu de l’enfance, avant qu’il ne devienne le « Jardin des égarements ». Entre New York et Taipei, une jeune femme se cherche dans le labyrinthe de la mémoire, dans le désordre d’une folle passion amoureuse, entre nostalgie et invention du bonheur. Pour Rose, ce jardin où son père resta cloîtré de nombreuses années est celui des histoires de petite fille en même temps que de l’apprentissage de la vie, des splendeurs de l’amour qu’elle poursuit – et de la plénitude d’être une femme, à chaque saison de la vie.

Note bibliographique :

Le Jardin des égarements fut publié après Nuit obscure et Tuer son mari. Parmi les trois romans de Li Ang qui ont été traduits en français à ce jour, il est peut-être le moins pessimiste de tous. C’est aussi le plus long, développement qui permet d’apprécier toute la finesse de l’écriture de l’auteure. Après l’âpreté populaire de Tuer son mari et les dénonciations acides de la bourgeoisie dans Nuit obscure, c’est aussi le plus séduisant des textes de Li Ang : ici l’auteure s’attaque à la noblesse déchue de Taïwan et développe ainsi des personnages aux comportements, à l’expression et à l’éducation beaucoup plus raffinés que ceux des romans précédents. Cependant, le plus complexe des personnages est certainement le Jardin aux Nénuphars lui-même.

Le roman se définit avant tout par son architecture spatio-temporelle complexe, de Lucheng à Taïwan, et de l’enfance au présent. Tout au long du texte, le lecteur est confronté à un ensemble de flash-backs, les chapitres alternant entre la remémoration des souvenirs d’enfance de Rose et ceux de sa relation avec Lin. De cette façon il est possible de reconstituer le puzzle narratif annoncé par le prologue : comme à son habitude, Li Ang a débuté la narration par la fin.

Dans Le Jardin des égarements, la tension entre tradition et modernité semble résolue à travers le personnage de Rose qui s’affranchit peu à peu de l’héritage conservateur de sa famille et de la domination de Lin Xigeng ; l’héroïne ne sera ni le ventre régénérateur de la noblesse taïwanaise, ni l’objet de convoitises d’un monde mercantile. Parallèlement, le Jardin aux Nénuphars, qui a pour modèle d’origine le jardin chinois, se transforme peu à peu et devient un jardin public taïwanais, l’espace de réconciliation entre le monde traditionnel et un monde moderne capitaliste offert à l’ensemble des Taïwanais et qui, par conséquent, abolit les restrictions de classe dont il était porteur.

3 réponses à “Le jardin des égarements

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