Lai He

Lai He.

Lai He (賴和, aussi transcrit par Lai Ho, Loa Ho) est né le 28 mai 1894 à Changhua, dans l’ouest de Taïwan, en pleine guerre sino-japonaise. L’année suivante, Taïwan est cédée au Japon par la dynastie Qing et restera sous sa domination jusqu’en 1945. Aussi, la vie de Lai He, décédé en 1943, coïncide avec la période où l’île était une colonie nippone.

Le grand-père de Lai He jouait des cymbales lors des cérémonies religieuses et son père était maître taoïste, aussi l’enfant grandit-il au milieu des cérémonies traditionnelles et proche du petit peuple. Sa famille étant, en l’espace de deux générations, devenue propriétaire terrienne, Lai He put suivre un enseignement moderne, étudier les classiques auprès d’un précepteur, puis partir à Taipei à l’âge de 16 ans étudier la médecine. Diplômé, il exerça dans un hôpital à Chiayi, se maria et ouvrit son propre dispensaire à Changhua, avant de pratiquer dans la concession étrangère de Xiamen, en Chine continentale, où il suivit avec attention le Mouvement du 4 Mai, un mouvement nationaliste chinois contestant les prétentions nippones en Chine, mais défendant aussi l’émergence de la langue chinoise moderne, et qui regroupait notamment de célèbres écrivains chinois.

De retour à Taïwan en 1920, Lai He se met à travailler au développement d’un style littéraire taïwanais moderne. En 1921, il adhère à l’Association culturelle taïwanaise (臺灣文化協會), dont il devient l’un des administrateurs pour la région de Taichung. Son activisme politique en faveur de la création d’un parlement de Taïwan lui vaut une première arrestation en 1923.

A la même époque, il écrit pour le Taiwan Minpo (台灣民報), journal dont il dirige bientôt la rubrique littéraire et artistique. Alors qu’il n’écrivait jusqu’alors que des poèmes dans un style classique, il compose des poèmes au style novateur portant sur son pays natal, puis développe au cours des années 30 sa prose en langue vernaculaire. Toute son œuvre parle de la corruption et de la dégradation engendrées par des coutumes et des traditions dépassées, ainsi que de l’humiliation des gens du peuple et de la lutte des faibles et des déshérités. En 1934, il prend la tête de la Ligue pour les arts et la littérature de Taïwan (台灣文藝聯盟), tout en continuant son activité de médecin, et en faisant preuve d’une grande générosité vis-à-vis de ses patients et de la population de Changhua.

En 1941, le 12 août, jour de l’attaque de Pearl Harbour, il est emprisonné, une épreuve dont il tire un journal mais qui affecte profondément sa santé. Libéré pour raisons médicales, il meurt le 31 janvier 1943.

Sa nouvelle « Une « balance » » figure dans le recueil Le Petit Bourg aux papayers, dans une traduction française d’Angel Pino et Isabelle Rabut.

2 réponses à “Lai He

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