Le goût de la liberté

9782849830031Auteur : Peng Ming-min

Traducteur : Pierre Mallet
Editions René Viénet, 2011
ISBN : 9782849830031

Quarante ans après leur rédaction et 20 ans après avoir été autorisés à Taiwan, ces Mémoires d’un indépendantiste formosan – c’est le sous-titre de l’ouvrage – viennent d’être traduits en français. Ils n’ont rien perdu de leur force. En 1964, l’auteur, Peng Ming-min, un professeur d’université de renom, est arrêté à Taipei par la police militaire pour avoir rédigé, avec deux de ses anciens étudiants, un Manifeste pour le salut de Formose. Condamné à une peine de 8 ans de prison, Peng Ming-min est finalement amnistié mais reste placé sous surveillance. En 1970, il s’échappe vers la Suède avec l’aide d’Amnesty International. C’est au début d’un exil qui durera 22 ans qu’il rédige ses mémoires. Il y revient sur les circonstances de son arrestation mais surtout sur le parcours qui l’a mené, lui qui était fils de médecin, formé dans les meilleurs établissements scolaires à Taiwan et au Japon, et qui avait joui après-guerre d’un avancement rapide au sein d’un monde académique pourtant dominé par les universitaires réfugiés du continent chinois, à épouser la cause indépendantiste. Ce faisant, Peng Ming-min ne fait pas œuvre d’historien. Rédigé en exil, alors que l’auteur a dû détruire toutes ses notes personnelles avant de fuir Taiwan, ce témoignage vaut avant tout par la description à la fois vivante et pudique d’une trajectoire sociale et intellectuelle représentative de l’élite insulaire de l’époque. Passionnant, il émeut, enthousiasme ou glace le sang, notamment lorsqu’il décrit la froide mécanique totalitaire. Sans être un traité politique, l’ouvrage questionne, sous la forme d’une introspection, cette volonté de « vivre ensemble » que, à l’instar d’Ernest Renan, Peng Ming-min associe à l’idée de nation. Et nous fait comprendre par anticipation pourquoi, revenu à Taiwan en 1992, il continue, au sein d’une société devenue démocratique, à plaider la cause de l’indépendance.

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